
Manifestation de néandertaliens à Paris
Le premier ministre Jean-Marc Ayrault vient d’annoncer sa décision de dissoudre le groupuscule du franco-libanais (de souche) Serge Ayoub. Une procédure est en cours au ministère de l’intérieur.
Sur le fond, je désapprouve cette décision pour des raisons que j’ai déjà expliquées. Dissoudre les JNR est inutile – surtout s’ils n’ont rien à voir directement avec le meurtre de Clément Méric – car ce groupuscule se reformera rapidement sous un autre nom.
On a déjà pu le constater pour Unité Radicale, en 2002, qui a donné naissance au Bloc identitaire. Maxime Brunerie, en bon con qu’il fut, a passé sept ans en prison pour avoir tenté d’assassiner Jacques Chirac. En revanche, tous les petits leaders mesquins et médiocres qui ont armé idéologiquement son bras, eux, courent toujours. Ces derniers me font songer à ces paroles de la chanson de Georges Brassens (Mourir pour des idées) :
« Les saint jean bouche d’or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d’ailleurs, s’attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c’est le cas de le dire
C’est leur raison de vivre, ils ne s’en privent pas
Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité (…) »
Bref, cette dissolution n’aidera pas les services de police et plus particulièrement les renseignements généraux qui, régulièrement, observent et analysent les faits et gestes de ces extrémistes.
Les JNR vont être interdits. Dont acte. Mais, ne nous leurrons pas, leur connerie survivra sous un autre sigle et prospérera sur le terreau de la bêtise et de la crise économique.
Sur la forme en revanche, je comprends cette décision. Le gouvernement devait réagir et faire preuve de fermeté. S’il n’avait rien décidé, les salonnards équivoques du gauchisme mondain, à commencer par Jean-Luc Mélenchon, le lui auraient violemment reproché.
Néanmoins, il est à regretter qu’une procédure de dissolution ne soit pas engagée contre le groupuscule antifasciste que Clément Méric fréquentait. Et ce d’autant plus qu’il n’est pas exclu que des poursuites pénales soient exercées contre les camarades de la victime. Cela aurait eu le mérite de mettre tous les protagonistes face à leurs responsabilités.
Le risque est désormais que l’opinion publique sente qu’il y a un parti-pris ou un « deux poids deux mesures » des autorités, au-delà même de la disparition brutale de Clément Méric.
Nul doute que l’extrême droite va tenter désormais de profiter de cette situation pour mieux se victimiser.
Gabale, Mende (Lozère) le 8 juin 2013