Besancenot, pauvre clown

« On ne s’attaque pas à une maladie en pétant le thermomètre. » Voilà le jugement sans appel de l’ancien facteur des rombières de Neuilly-sur-Seine.

Olivier Besancenot, du désormais microscopique Nouveau Parti Anticapitaliste, est donc en désaccord avec la décision du gouvernement de dissoudre les JNR. C’était si prévisible que c’en est comique.

Si le gouvernement avait fait le choix inverse, nul doute que Besancenot Olivier aurait fustigé la couardise socialiste face à la pieuvre fasciste.

Dans les deux cas, Olivier Besancenot ou Besancenot Olivier reste propre sur lui puisque s’il y a des fascistes en France, c’est à cause de la situation politique et économique créée par les autres.

Cette posture confortable permet de critiquer facilement son prochain, ce qui n’est sans doute pas très charitable d’un point de vue chrétien, mais parait en revanche parfaitement conforme à la sainte doctrine trotskiste.

Et en plus, le clown a grillé la priorité à Mélenchon.

Caramba !

Gabale, Mende (Lozère) le 9 juin 2013

La page Facebook « RIP Clément Méric » piratée par des nationalistes ?

C’est en faisant ma tournée des blogs que suis tombé sur cette nouvelle relayée sur le blog de Jegoun.

La page Facebook « RIP Clément Méric » aurait été piratée le 8 juin peu avant 16 h 30 par des nationalistes.

Rassurez-vous, je n’ai pas viré ma cuti (je le précise à Didier Goux qui s’inquiète), mais je trouve quand même pour le moins étonnant que cette nouvelle soit passée quasiment inaperçue. Très peu d’articles de presse ont d’ailleurs été consacrés à ce piratage.

Si c’est vrai, alors c’est drôlement inquiétant pour Facebook et la sécurité des données personnelles de ses utilisateurs.

Je n’ai d’ailleurs pas trouvé de communiqué officiel de Facebook au sujet de ce piratage. Pourtant l’affaire est grave. Mais j’ai peut-être mal cherché.

On est alors obligé de se poser la question étant donné le nombre de tordus dans les deux camps : y-a-t-il eu vraiment piratage ou simple volonté de faire le buzz de façon parfaitement dégueulasse ?

Gabale, Mende (Lozère) le 9 juin 2013

Adieu camarade et merci pour tout !

Gros Quinquin et Tonton

Je voudrais vous dire un petit mot en la mémoire de Pierre Mauroy, décédé cette semaine, et dont le souvenir, en ce qui me concerne, restera toujours attaché à une anecdote que je vous ai déjà racontée.

Des tas de gens se demandent peut-être pourquoi la mort de Pierre Mauroy suscite une telle émotion sincère et unanime. La raison est simple : l’homme était apprécié, à gauche et à droite, tant pour l’ardeur de ses convictions, que pour la souplesse et la rondeur dans lesquelles il les enveloppait.

Pour la gauche, je veux dire pour la gauche démocratique, Pierre Mauroy a incarné la continuité de la SFIO au sein d’un parti socialiste rénové après le congrès d’Epinay en 1971. Sans lui et sans ses talents d’apparatchik, la victoire de François Mitterrand n’aurait pas été possible. Ce n’est pas pour rien que ce dernier en fit son premier ministre.

Le « colosse » Mauroy offrait l’image rassurante de la stabilité idéologique qui a beaucoup servi au « petit » François Mitterrand dont la vie politique a été beaucoup plus sinueuse mais ô combien réussie.

Maire indéboulonnable de Lille, premier chef de gouvernement socialiste sous la Vème République, sénateur, premier secrétaire du PS respecté, président de l’internationale socialiste, Pierre Mauroy a eu, lui aussi, un parcours politique admirable et exemplaire.

J’ai toujours trouvé qu’il y avait une dimension tragique teintée de nostalgie chez cet homme. Elle s’exprimait toujours au moment où il évoquait l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Il savait si bien raconter cette période et décrire l’enthousiasme et l’espoir qui s’étaient levés dans toute la France. L’émotion était à chaque fois palpable. Ses yeux étaient souvent humides lorsqu’il évoquait ce moment singulier où son destin personnel a rencontré celui du pays. On sentait poindre aussi quelques légers regrets mais surtout une infinie tendresse.

Pierre Mauroy a en effet symbolisé l’apprentissage par la gauche des rigueurs du pouvoir. C’est en effet sous son gouvernement que la gauche a commencé à mesurer la distance qu’il pouvait y avoir entre les désirs et la réalité, entre les paroles et les actes. C’est sous son gouvernement que la gauche a compris que la transformation sociale nécessiterait du temps, de la patience, des efforts, de la technique, du dialogue, loin du maximalisme binaire encore agité aujourd’hui par les chapelles communistes et gauchistes qui ne lui ont jamais pardonné le « tournant de la rigueur » en 1983 au détriment du programme commun.

Adieu donc Pierre Mauroy.

Et merci pour tout !

Gabale, Mende (Lozère) le 8 juin 2013

Les JNR bientôt dissous

Manifestation de néandertaliens à Paris

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault vient d’annoncer sa décision de dissoudre le groupuscule du franco-libanais (de souche) Serge Ayoub. Une procédure est en cours au ministère de l’intérieur.

Sur le fond, je désapprouve cette décision pour des raisons que j’ai déjà expliquées. Dissoudre les JNR est inutile – surtout s’ils n’ont rien à voir directement avec le meurtre de Clément Méric – car ce groupuscule se reformera rapidement sous un autre nom.

On a déjà pu le constater pour Unité Radicale, en 2002, qui a donné naissance au Bloc identitaire. Maxime Brunerie, en bon con qu’il fut, a passé sept ans en prison pour avoir tenté d’assassiner Jacques Chirac. En revanche, tous les petits leaders mesquins et médiocres qui ont armé idéologiquement son bras, eux, courent toujours. Ces derniers me font songer à ces paroles de la chanson de Georges Brassens (Mourir pour des idées) :

« Les saint jean bouche d’or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d’ailleurs, s’attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c’est le cas de le dire
C’est leur raison de vivre, ils ne s’en privent pas
Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité (…) »

Bref, cette dissolution n’aidera pas les services de police et plus particulièrement les renseignements généraux qui, régulièrement, observent et analysent les faits et gestes de ces extrémistes.

Les JNR vont être interdits. Dont acte. Mais, ne nous leurrons pas, leur connerie survivra sous un autre sigle et prospérera sur le terreau de la bêtise et de la crise économique.

Sur la forme en revanche, je comprends cette décision. Le gouvernement devait réagir et faire preuve de fermeté. S’il n’avait rien décidé, les salonnards équivoques du gauchisme mondain, à commencer par Jean-Luc Mélenchon, le lui auraient violemment reproché.

Néanmoins, il est à regretter qu’une procédure de dissolution ne soit pas engagée contre le groupuscule antifasciste que Clément Méric fréquentait. Et ce d’autant plus qu’il n’est pas exclu que des poursuites pénales soient exercées contre les camarades de la victime. Cela aurait eu le mérite de mettre tous les protagonistes face à leurs responsabilités.

Le risque est désormais que l’opinion publique sente qu’il y a un parti-pris ou un « deux poids deux mesures » des autorités, au-delà même de la disparition brutale de Clément Méric.

Nul doute que l’extrême droite va tenter désormais de profiter de cette situation pour mieux se victimiser.

Gabale, Mende (Lozère) le 8 juin 2013