Cet article a été publié il y a 7 mois 19 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.Il est temps de tordre le cou à deux idées fausses qui circulent un petit peu partout sur le net et dans les autres médias au sujet de François Hollande. Ces deux idées fausses sont notamment relayées par quelques éléments actifs de la gauche réactionnaire (la gauche extrême qui aime délivrer des certificats de gauche pure et authentique à qui veut l’entendre).
La première idée fausse concerne la prétendue volte-face du président de la République au sujet du Pacte budgétaire européen (le TSCG). Il lui est reproché de vouloir aujourd’hui obtenir la ratification d’un traité qu’il voulait hier renégocier. Raisonnons à l’inverse et imaginons maintenant que François Hollande ait déclaré en pleine campagne électorale : « Françaises, Français, non je ne renégocierai pas le Pacte budgétaire européen ».
Quelles auraient été les conséquences ?
Eh bien, la droite républicaine aurait sans doute bruyamment ironisé ; la gauche et la droite réactionnaires auraient violemment critiqué le candidat socialiste qu’elles auraient accusé de vouloir brader la France auprès des forces obscures de l’Europe et de la finance internationale. François Hollande aurait eu ensuite toutes les peines du monde à obtenir au second tour le soutien du Front de Gauche, des écologistes et des petites chapelles gauchistes. Nicolas Sarkozy aurait donc pu l’emporter. Nous aurions alors pris le risque insensé d’avoir aujourd’hui Nicolas Sarkozy au pouvoir et le TSCG. Fort heureusement, nous avons élu François Hollande, donc obtenu une alternance politique salutaire. La France a négocié, en juin dernier, un TSCG couplé avec un pacte de croissance. On a enfin assisté à un net infléchissement de la politique de la Banque Centrale Européenne qui accepte depuis août de racheter de la dette publique.
Moi je dis : « Bravo François ! Tu as finement joué ! » et ce d’autant plus :
- que pour renégocier un traité, il faut qu’il y ait un consensus à ce sujet entre tous les Etats membres. En effet, on ne peut pas décider de renégocier tout seul dans son coin. La France n’est absolument pas en capacité de l’exiger parce que l’Union européenne est confrontée à une crise sans précédent de la zone euro qui exige d’urgence des réponses coordonnées.
- En 2011, Nicolas Sarkozy a engagé la France dans ce processus de ratification. Son successeur ne peut donc faire autrement que de lancer une procédure de ratification (après que cette ratification aboutisse ou pas est un autre débat). En tout cas, cette reprise des engagements de la France, c’est ce qu’on appelle la continuité de l’Etat et c’est ce qui garantit la crédibilité du pays au niveau international, surtout quand il est démocratique (seuls les Etats voyous n’ont aucune parole). N’importe quel autre successeur à Nicolas Sarkozy aurait donc agi pareil.
La seconde idée fausse concerne la prétendue reculade de François Hollande et du gouvernement face aux autoentrepreneurs et aux entrepreneurs. Les premiers se sont inquiétés du relèvement de leur taux de cotisation à l’assurance maladie ; les seconds se sont alarmés d’une éventuelle réforme des plus-values professionnelles. Il y a eu un battage sur les réseaux sociaux. Les approximations et les peurs les plus irrationnelles se sont chevauchées comme des bêtes pendant plusieurs jours. Il a donc suffi que l’Elysée et Matignon consultent et reçoivent les meneurs de la fronde, puis décident de temporiser pour que cela soit automatiquement interprété comme une capitulation en rase campagne.
Ecouter, recevoir, négocier, temporiser, dialoguer, transiger, voilà bien des verbes qui sont devenus de plus en plus étrangers à certains intoxiqués du sarkozysme (qu’ils soient de droite ou de gauche), lesquels ont désormais la fâcheuse tendance à considérer que le bon exercice du pouvoir consiste au contraire à ignorer, trancher, imposer, affirmer, mépriser et provoquer. François Hollande a été élu le 6 mai dernier justement pour rompre avec les comportements outranciers de son prédécesseur.
A quoi aurait-il servi au gouvernement socialiste de laisser ce mouvement de contestation prendre de l’ampleur alors que la loi de finances est en cours de discussion et que rien n’est donc arrêté ? A servir les plats à l’UMP qui n’attend que ce genre de manipulation pour exister politiquement ?
Je redis donc : « Bravo François ! Tu as finement joué ! » et ce d’autant plus :
- Que l’ennemi n’est pas l’argent des entreprises, pas plus que les entrepreneurs qui investissent dans le pays ; ce n’est pas l’argent du travail, mais l’argent de la rente, des lessiveuses, des fraudeurs et de la spéculation (financière, immobilière et industrielle).
- En cette période de crise économique et sociale, le gouvernement ne peut pas se permettre de perdre de l’énergie et du temps dans des polémiques stériles et dérisoires.
Il n’y a donc pas de renoncement ou de capitulation, mais il y a au contraire un exercice démocratique du pouvoir dans un contexte d’autant plus difficile que Nicolas Sarkozy et François Fillon ont laissé la France dans un état absolument déplorable.
On ne redresse pas la barre en six mois avec des incantations, de la naïveté et du purisme idéologique.
Gabale, Mende (Lozère) le 5 octobre 2012
Merci de le rappeler, cela fait particulièrement de lire un article qui remet les pendules à l’heure !
allez on sort les rames pour tenter de justifier la nullité de Hollande
@Gilles : Merci
@Roberto : Les rames ? Quelles rames ? Je vois un simple rappel de bon sens. Par contre, permettez-moi de vous faire observer le vide de votre réaction.
Visiblement ton interprétation du résultat des « échanges entre les pigeons et Mosco » diffère de la réalité que :
http://www.perdre-la-raison.com/2012/10/pierre-moscovici-t-il-cede-aux.html
J’ai pas encore lu ton billet, je réagis pour l’instant à « la gauche réactionnaire ». Celle que nous avons « créée », vendredi dernier, avec Sarkofrance et Dagrouik, est exactement le contraire de ce que tu dis…
Je retourne lire…
Lu.
Il faudra qu’on reparle de cette histoire de gauche réac mais pour le reste on est d’accord à 100%…
@Melclalex : Le résultat ? On ne le connaît pas. Je veux dire qu’on n’est pas en capacité de le mesurer concrètement car les protagonistes viennent de se rencontrer et la loi de finances est en cours d’élaboration et de discussion.
Personnellement, je ne me sens pas en guerre contre les chefs d’entreprises ou contre ceux qui croient l’être (autoentrepreneurs) en raison d’une interprétation exagérée de leur statut. Il faut être attentif aux impacts concrets d’une imposition excessive.
On parle ici de plus-values professionnelles, mais on voit depuis quelques mois les effets néfastes de l’augmentation idiote et aveugle du taux de plus-value immobilière des particuliers et, surtout, de l’augmentation du délai de détention (de 15 à 30 ans) pour bénéficier d’une exonération (merci à Sarkozy qui a fait voter cette réforme entrée en vigueur le 1er février dernier).
Donc, même s’il faut résorber la dette publique laissée par Sarkozy (encore lui) attention à ne pas augmenter la pression fiscale de manière excessive sur les agents économiques.
@Nicolas : figure-toi que je me suis douté que tu allais réagir à propos de la gauche réactionnaire. Effectivement, pour moi, elle n’a pas la même signification celle que tu as donnée avec Juan. Pour moi, c’est la gauche bêlante du « y a qu’à », qui vit difficilement son surmoi marxiste, se complait dans le discours contestataire et cultive la nostalgie des années Marchais (« Taisez-vous Elkabbach. C’est un scandale ! »). Cette gauche bizarre croit en la réincarnation de Marchais en Mélenchon.
Oui et puis céder en moins de 5 jours à la pression virtuelle et recevoir 30 clampins qui instrumentalisent du click Facebook, dans un déluge média pro-patronat, en pleine vague de plans sociaux, les PSA, les Florange (sans parler de la manif du TSCG à 80.000 personnes au même moment…) avec 5 millions de chomeurs, ce n’est absolument pas une faute de gout.
Sans parler de la magnifique maîtrise de la com avec 72h de retard. Non, chapeau bien joué. Bercy beaucoup.
excellent billet.En plus si tu regardes la proposition sur les entreprises on est loin de la capitulation.
Ah la bonne blague, vous êtes sérieux les gars ?
La mesure phare du projet du gouvernement prévoyait l’application du barème de l’impôt sur les revenus (5,5% à partir de 5 963€, 14% à partir de 11 896€, 30% à partir de 26 420€, 41% à partir de 79 170€, 45% à partir de 150 000€) avec une tranche maximum de 45% au delà de 150 000 euros soit 60,5% avec les prélèvements sociaux.
Mais à la suite de la fronde des entrepreneurs qui a durée 5 jours, ce volet a été effacé purement et simplement puisque les plus-values de cessions restent soumises au régime actuel consistant en un taux d’imposition forfaitaire de 19% + 15,5% de prélèvements sociaux depuis Sarkozy, soit 34,5%, sur les plus-values, c’est-à-dire le taux actuel pour les auto-entrepreneurs.
Mais vous avez raison c’est bien joué et c’est une belle victoire.
Bien joué François
@Sebmusset : on s’en fout du timing et du contexte. Mais alors dans les grandes largeurs. Ce n’est pas le problème. Le problème, ça aurait été que le gouvernement parie sur le pourrissement de la contestation née sur les réseaux sociaux où le nombre de décérébrés prêts à gober n’importe quoi est hallucinant. Et ce d’autant plus que le nombre de blogueurs de gauche soutenant Hollande tend à se réduire comme peau de chagrin (notamment ceux qui ont fait la campagne de Hollande… bref…).
Ce n’est pas parce qu’on peut être en désaccord avec certaines craintes de ce mouvement qu’il faut le traiter avec mépris et qu’il est impossible de trouver des compromis. Hollande n’est pas Sarkozy. Ayrault n’est pas Fillon. Moscovici n’est pas Baroin. Je laisse ce problème aigu de perception au Front de Gauche.
@Romain blachier : merci !
et pour les 80.000 manifestants contre le TSCG ?
Si l’on tient compte qu’il était absolument nécessaire de couper court au slogan « le gouvernement va taxer les entrepreneurs à 60% » quand ce taux ne serait atteint qu’extrêmement marginalement en touchant essentiellement des plus-value spéculatives, alors oui, cette reculade est « finement jouée ».
Voir à ce sujet une analyse assez claire sur les taxations envisagées :
http://www.alternatives-economiques.fr/faux-dur_fr_art_633_60470.html
Le problème c’est surtout qu’il y aurait communication claire le Samedi alors que ça partait déjà en sucette, il n’y aurait pas eu ce bazar. Ne ressort de tout ça que 1 / une impression d’amateurisme 2 /
Et je confirme : Peu importe qui a pigeonné qui (je suis plus dans le long terme sur mon jugement en général, et on fera le bilan d’ici 2 ans ), reste que le message passé pour le commun des mortels est pas top.
Pour ce qui est de blogueurs de gauche, démonstration est faite que ce sont les likers de droite qui influencent le gouvernement.
Oui, j’ai laissé mon point n°2 au vestiaire. Toujours se relire avant de poster.
@Melclalex : baisser le taux d’imposition ou l’augmenter n’a aucun sens en soi. Ce choix doit obéir à des considérations économiques. Si le gouvernement a négocié, c’est qu’il était financièrement en mesure de le faire.
Quand Sarkozy a par exemple décidé d’augmenter sensiblement les plus-values immobilières des particuliers et de réformer l’exonération au titre du délai de détention d’un immeuble, le droit de partage, etc., pour résorber dans l’urgence les déficits et compenser sa politique dispendieuse, il l’a fait sans aucune consultation. Allez hop ! Direction le Parlement croupion pour enregistrement des volontés du Monarque ! C’est ainsi que l’année dernière a été marquée par trois lois de finances rectificatives (en septembre, novembre et décembre 2011, du jamais vu) et par une insécurité fiscale croissante.
Où l’on apprend qu’ Hollande a eu raison de mentir sur le TSCG pour être élu, et que du coup il est parfaitement légitime qu’il continue en le prétendant renégocié. Quel mauvais procès on lui fait, vraiment. Génial!
@Marc Vasseur : en attisant les peurs, en caricaturant l’Europe et en faisant dire au TSCG plus qu’il ne dit, le FDG peut mobiliser bien davantage que 80 000 personnes. Et après ? Le FDG et les nonistes, c’est combien de divisions concrètement quand il s’agit de négocier au niveau des institutions européennes ? Où est donc le magnifique plan B annoncé par les contempteurs de Bruxelles ? En 2005, les Français ont refusé de faire entrer la politique dans le grand marché par la grande porte ; intoxiqués par les écrits d’un obscur prof de lycée (Etienne Chouard présenté comme un grand spécialiste du droit européen) et la désinformation ambiante, ils n’ont pas vu qu’ils refusaient en réalité la charte européenne des droits sociaux soutenue par les syndicats ; ils ont cru faire échec à la liberté de circulation de marchandises et des capitaux (pourtant en vigueur depuis 1957) qui a fait la richesse de notre vieux continent et a permis d’instaurer la paix entre les nations ; ils ont refusé la rationalisation des procédures de décision au sein des institutions de l’Union européenne. Le rejet de la constitution européenne a plongé l’UE dans l’embarras et la paralysie. Et grâce à nos pourfendeurs de Bruxelles, les Français se retrouvent désormais avec le marché sans politique. De la fine stratégie en somme.
Tiens même Cambadélis le dit : L’affaire des « pigeons »
Il fut un temps où les grèves des camionneurs faisaient capoter le gouvernement Allende. Aujourd’hui la mobilisation sur le net des patrons des start-up fait reculer le gouvernement.
Si la mesure préconisée allait à l’encontre de la philosophie gouvernementale, visant à soutenir le secteur productif contre la rente, la méthode et le soubassement démontre parfaitement le rapport de force en jeu.
Nos camionneurs des temps modernes portent la philosophie du patronat et de la droite: non à la taxation des dividendes. On peut augmenter l’impôt, la TVA, la CSG mais pas taxer le capital. Les tenants du capital se sont engouffrés dans la faute pour imposer une correction dont ils espèrent qu’elle fera jurisprudence pour la suite.
Alors nous voilà prévenus ! La grande confrontation sur la taxation du capital a commencé. Le capital ne veut pas le principe de la taxation égale des revenus et du travail. Ce fut le message de ces pigeons voyageurs…
http://www.cambadelis.net/2012/10/05/laffaire-des-pigeons/
Cambadélis, comme de coutume, raconte n’importe quoi. Là, il règle mesquinement ses comptes parce qu’il n’a pas obtenu le soutien de Hollande pour devenir le prochain premier secrétaire du PS.
Je comprends néanmoins ce faux derche : après la disparition de son mentor DSK (qui est un grand résistant au capitalisme international comme chacun sait), il est resté sur la touche. Il n’a même pas obtenu le secrétariat d’Etat aux anciens combattants. C’est tout dire… Donc il en rajoute maintenant avec son « élégance » habituelle.
Cambadélis est à Hollande ce que la corde est au pendu.
Ce que ce triste sire peut dire ou penser est un non événement.
Hum… Pas faux…
Globalement, on reste quand même dans une continuité, on n’a fait que changer d’homme.
Mais heureusement !
@Marco : Je ne crois pas qu’on puisse parler de continuité. Les deux hommes sont radicalement différents. Leurs options politiques ne sont pas identiques. Leurs façons de gouverner sont aux antipodes l’une de l’autre. Mais la situation préoccupante du pays limite cruellement les marges de manoeuvre.
Qui peut croire sérieusement que François Hollande se réjouisse de l’austérité, du chômage et des inquiétudes de la population ? Personne. Qui peut croire qu’il est possible d’améliorer la situation en six petits mois ? Personne non plus. Le président de la République l’a très bien dit : c’est à la fin de son mandat, dans les derniers mois, qu’on pourra émettre un jugement objectif sur son action.
Dans le cas des autoentrepreneurs et des entrepreneurs, l’intox était tellement évidente, que le gouvernement ne pouvait pas prendre le risque de laisser des malentendus se développer et être exploités politiquement par l’UMP.
L’impôt est un instrument qu’on utilise pour atteindre des objectifs économiques et sociaux préalablement définis. Les choix fiscaux ne sont pas techniques mais politiques. Et François Hollande a toujours indiqué qu’il voulait autant lutter contre la dette que relancer la croissance. Il faut donc trouver un équilibre et redonner confiance aux acteurs de l’économie quels qu’ils soient. Ce qui n’est pas facile compte tenu de l’ardoise laissée par la droite.
L’attitude de dialogue et d’ouverture du gouvernement de Jean-Marc Ayrault ne signifie pas qu’il y a une confusion entre l’argent qui résulte du travail (effectué par un salarié, par un chef d’entreprise, etc.) et l’argent qui résulte du profit spéculatif (l’argent qui fabrique de l’argent).
Ceux qui ont manifesté leurs inquiétudes de façon brouillonne, ne sont pas des entrepreneurs de grands groupes du CAC 40, des ex du Fouquet’s ou des donateurs du premier cercle de l’UMP. Ce sont de petits chefs d’entreprises, et des précaires de l’autoentreprise, qui triment et tentent de développer leurs activités.
La vie économique du pays ne se réduit pas qu’à eux. Mais elle passe aussi par eux.
Que ces derniers soient écoutés par un gouvernement socialiste me paraît tout à fait normal.
@Fred : Il ne faut pas oublier le contexte ! Merkel, Cameron et d’autres chefs de gouvernements conservateurs avaient clairement pris le parti de Sarkozy, ne voulant pas recevoir le candidat socialiste contrairement aux usages.
La renégociation souhaitée, c’était un coup de semonce, le signe d’une reconquête de la gauche en Europe (même si la Grande Bretagne s’en tamponne vu qu’elle n’est pas dans la zone euro). Simplement, Hollande a toujours su que cette renégociation allait nécessairement prendre du temps impliquer un consensus entre tous les Etats membres de la zone euro, etc. Or, personne n’en a voulu en raison de l’aggravation de la situation en Grèce, en Espagne et au Portugal. Il fallait donc agir rapidement.
Alors fallait-il mettre en avant ces probables difficultés durant la campagne électorale au risque de faire le jeu de Sarkozy et de favoriser une défection du FDG au second tour ? Bien sûr que non voyons ! Sauf à confondre François Hollande avec sa marionnette des Guignols de l’Info.
Le coupe de semonce a été une avertissement. Ses effets ont été confirmés par l’élection de Hollande qui a quelque peu changé la donne en Europe et ramené les autres Etats membres de la zone euro à la table de négociation (notamment les plus récalcitrants), non pour déconstruire le TSCG (ce qui aurait été non seulement une perte de temps mais aussi un beau pataquès… les spéculateurs y auraient vu un aveu de faiblesse supplémentaire des Etats membres) mais pour le coupler avec le pacte de croissance. Même l’intransigeante Merkel a répondu présente (l’élection fédérale en Allemagne a lieu l’année prochaine) car, en femme politique avisée, elle a senti le vent du boulet.
L’attitude de François Hollande n’est pas du reniement. C’est de la politique quand on assume des responsabilités. Quand on est dans l’opposition, quand on se borne à des discours contestataires, c’est le genre de choses qu’on ne perçoit pas. On reste dans la posture et la doctrine.
Si je résume : il fallait que Hollande dise qu’il allait renégocier le TSCG pour gagner l’élection. Une fois élu, il ne pouvait pas le faire, à cause de la continuité d’état et de gravité de la situation.
Ok : c’est la realpolitik.
Mais il y a un prix politique à payer dans ces cas. C’est peut-être « finement joué » mais les gens n’oublient pas, et à force c’est une parole politique qui perd sa crédibilité, et le sens même du politique (« pourquoi écouter les hommes politiques, pourquoi voter, puisqu’ils racontent n’importe quoi pour être élu »).
En somme : je suis bien content que cette combine ait marché (pour éviter Sarko II), mais mécontent d’avoir été dupé par celui que je défendais.
omelette16oeufs Articles récents..Les Pigeons (#geonpi) sont vraiment des pigeons
@Omelette16oeufs : Oui, tu as bien résumé. C’est de la realpolitik, même si je pense que Hollande a pu sincèrement croire à un moment qu’il serait en mesure de renégocier. Mais la situation en Europe s’est fortement dégradée et à une très grande vitesse. Et puis, même un conseiller maître à la Cour des comptes sorti des premiers rangs de l’ENA apprend les exigences du pouvoir. Quand on est un président de la République récemment élu, on reprend inévitablement les vieux dossiers de la présidence précédente, même si on aurait éventuellement agi autrement.
Le prix à payer n’est pas bien élevé. Les gens, de toute manière, oublient vite et brûlent rapidement ceux qu’ils ont adorés.
La popularité, ça va, ça vient et quand ça vient, ça va… Et quand ça ne va pas, on fait avec…
Hollande est engagé dans une course de fond qui doit durer cinq ans.
Oui c’est ça, faites moi un cours sur l’éthique de la responsabilité et Max weber tant que vous y êtes, puisque je ne perçois pas là réalité tandis que vous bien évidemment vous percevez ce qu’est la politique responsable, et ce qu’est la politique irresponsable. Et tout ça sans posture par dessus le marché! Ben voyons. Vous croyez que je suis pas d’accord avec vous parce que je comprends pas vos arguments? Où est-ce que j’ai dit que Hollande n’a pas eu raison d’annoncer qu’il ne renégocierait pas le TSCG? Mais votre raisonnement ne tient pas debout sur plusieurs point. L’appelle du FDG à voter Hollande n’a rien à voir avec sa déclaration sur la renégociation: la divergence avec le PS est claire depuis le vote du MES, et le FdG a toujours dit qu’il n’avait aucune illusion sur le comportement du Hollande a se sujet. Prenez pas ceux que vous considérez comme aveugles en plus pour des enfants. Vous nous vendez une négociation qui n’a pas eu lieu. La communication officielle dit qu’elle a eu lieu vous vous nous dites qu’elle va prendre des années. Je suis parfaitement capable de l’entendre. Mais inutile de nier les faits: palinodie il y a.
Ce qui m’amuse c’est que nous sur-vendez un plan de croissance absolument anodin et surtout un Prince Machiavélique douée de la virtu qui fait les grandes actions. C’est ridicule: ils naviguent à vue, et il n’y a rien a leur reprocher de ce point de vue, mais vous faites de la publicité caricaturale et mensongère, Mr le responsable.
La phrase « Où est-ce que j’ai dit que Hollande n’a pas eu raison d’annoncer qu’il ne renégocierait pas le TSCG? » doit être remplacée par celle-ci « Où est-ce que j’ai dit que Hollande n’a pas eu raison d’annoncer qu’il renégocierait le TSCG? »
Ping : Martine (Aubry) vite ? | Marc Vasseur
Voyez, on peut même se targuer de justifier l’improvisation! Bravo FH, mais vivement 2017!
@Fred et Webmestre : je n’infantilise personne et ne justifie aucune improvisation du pouvoir actuel. J’ai voulu montrer que la réalité était un tout petit peu plus complexe que les raccourcis du FDG et de l’UMP.
Je ne cherche évidemment pas à vous convaincre – oui vous en particulier – puisqu’il semble que vous ayez une opinion négative bien arrêtée. C’est votre droit le plus absolu.
Au contraire je m’adresse plutôt à mes amis politiques et, plus largement encore, aux indécis, aux sans-étiquette, à ceux qui doutent, qui cherchent à comprendre, qui savent que les choses sont compliquées et que les problèmes ne se résolvent pas en quelques semaines, etc. ,
Je m’inscris donc à contre-courant des caricatures qui sont faites de l’action du président de la République et du premier ministre. Je ne crie pas avec les loups, surtout quand il sont de gauche et qu’ils se joignent aux critiques de la droite.
Je comprends que cela vous heurte. Il serait tellement plus confortable qu’on baisse la garde et qu’on fasse profil bas, n’est-ce pas ?
Il y a même un twittos qui a vu dans ce billet des propos de lèche botte (comme quoi le ridicule ne tue pas) ! Eh bien, non, au risque de décevoir cet honorable contradicteur, je ne suis pas un « blogueur de gouvernement ». Je ne suis pas payé pour cela. Je n’ai aucun avantage particulier à le faire et je me réserve aussi le droit à la critique (ce dont je ne me suis pas privé sur ce blog et ailleurs).
Je suis conscient que ma position n’est pas facile. Quand on prend la défense d’un gouvernement – quel qu’il soit – les autres réduisent volontiers vos arguments à de la langue de bois pour éviter d’y répondre.
J’ai voté pour François Hollande en mai dernier alors que mon choix, lors du premier tour des primaires, s’était porté sur Ségolène Royal.
Je me suis donc reporté sur le candidat socialiste le mieux placé et le plus crédible pour battre Sarkozy. Je ne le regrette certainement pas.
Au milieu des girouettes qui vont toujours dans le sens du vent, j’entends simplement rester fidèle et cohérent par rapport à mon vote.
Excellent billet que je ne parviens pas à Twitter …
(
Apolline Déchamp Articles récents..Il y a des jours dont la pureté même est comme une injustice …
Gabale , vilain tu n’as pas compris le sens de gauche réactionnaire.
sinon je te propose l’exercice suivant.
Sachant que le déficit structurel de la France en 2011 était de 3,7% et qu’il doit être réduit à 0,5% en quelques années du fait du TCSG.
Calculer l’effort annuel à 10 milliards d’euros près.
Une fois cette effort annuel calculé, indiquez des pistes de réduction avec précision et exemples concrets.
Merci.
politeeks Articles récents..Margaret Thatcher à la direction du trésor
Le prix à payer n’est pas bien élevé. Les gens, de toute manière, oublient vite et brûlent rapidement ceux qu’ils ont adorés
houlà, quand on fera les additions je te rappellerai ton propos.
Ben dit-dont, y’a du monde ici ! ;o))
JeandelaXR Articles récents..75 %, l’UE et le temps
@Politeeks : Le TSCG prévoit que les Etats de la zone euro s’engagent à financer sainement leurs dépenses courantes. Ces derniers gardent la possibilité de soutenir leur économie par un déficit exceptionnel (ce que ne prévoyait pas le Traité sur l’Union européenne dit de Maastricht). Par conséquent le déficit structurel auquel le TSCG fait référence ne comprend pas, comme tu le sais, les dépenses publiques inhabituelles ou exceptionnelles. Le déficit public oui (c’est ce déficit public qui était dans les critères de convergence de Maastricht).
TSCG a pour objectif d’instaurer une discipline budgétaire en Europe. La France, comme les autres pays de la zone euro, doit y prendre sa part. Cet effort coordonnée me paraît normal dans un contexte de crise économique majeure où l’euro est violemment attaqué sur toutes les places financières de la planète et où des pays du vieux continent sont au bord de la faillite.
La France finance sa dette par l’emprunt. Cette dette a explosé sous Sarkozy (forte baisse des recettes fiscales de l’Etat, à cause notamment des niches fiscales et des cadeaux faits aux catégories sociales les plus aisées qui paient des impôts dérisoires par rapport à leurs revenus).
Bien que très importante (90% du PIB je crois), cette dette demeure cependant soutenable tant que nous avons des taux d’intérêt raisonnables pour emprunter sur les marchés financiers. Si la France ne ratifie pas le TSCG et si par conséquent elle n’a pas à respecter des engagements d’équilibre budgétaire, les taux d’intérêts applicables à la France risquent d’augmenter immédiatement. Notre pays se trouvera alors potentiellement dans un scénario à la grecque et aura de plus en plus de mal à financer sa dette. D’où l’intérêt du TSCG qui doit redonner de la crédibilité budgétaire non seulement à la France mais aussi à tous les autres Etats membres de la zone euro et en particulier les plus fragiles.
Alors oui, je te le concède, il faudra faire des efforts. Tu me demandes des pistes ? Difficile. J’en vois deux :
Au niveau des recettes : lancer la grande réforme fiscale que François Hollande veut mener afin, d’une part, de permettre à l’Etat de percevoir des recettes stables et, d’autre part, de répartir l’impôt le plus équitablement possible.
Au niveau des dépenses : lancer la grande réforme de l’Etat que Jacques Chirac avait déjà appelée de ses voeux (il y avait un ministre de la réforme de l’Etat… mais qui n’a servi à rien). C’est un très vaste chantier, mais politiquement très sensible : fusion de communes, suppression des communes d’arrondissement, passer de 22 à 10 régions métropolitaines (Mendes-France le préconisait déjà il y a 50 ans), organisation d’un redéploiement de fonctionnaires de la territoriale vers les administrations d’Etat et les corps interministériels, notamment vers ceux qui pâtissent d’un manque d’effectifs (administration fiscale, justice, police, inspection du travail, inspection des fraudes, etc.).
réponse : 2/20 , en effet l’exercice demandait une valeur en milliards , ou dizaines de milliards d’Euros. Ici un texte pro-TCSG de bonne facture, mais hors sujet par rapport à la question initiale.
Calcule d’abord l’effort requis avant de répondre sur les exemple la prochaine fois.
politeeks Articles récents..Margaret Thatcher à la direction du trésor
Et je n’ai pas été méchant, j’aurai pu mettre comme commentaire « Accepté à l’ENA »
politeeks Articles récents..Margaret Thatcher à la direction du trésor
@Politeeks : c’est cela oui…
Gabale Articles récents..Bravo François ! Tu as finement joué !
Ben alors sort ta calculette, et tu verra qu’on parler de dizaines de milliards à trouver en économie chaque année pendant 3, 4, 5 ou 6 ans. Par ce que réduire de 3,7% (2011) à 0,5 , et ce sont des chiffres de déficit structurel là… ça donne quoi ?
politeeks Articles récents..Margaret Thatcher à la direction du trésor
Oui il faudra effectivement économiser les sommes faramineuses que tu indiques.
Et donc je me demande comment on va le faire, c’est du 30 ou 50 milliards par an. Et aussi le meme montant pour les espagnols, grecs… etc.. On va donc se vendre en morceaux ?
les reformes de l’ETAT que tu cites ne vont pas générer d’économie immédiates. De vilain gauchistes disent que si on revenait a l’imposition de 2000 époque ou la France était dans le tiers monde, on n’aurait plus de déficit structurel.. Mais voilà, on a laissé des paradis fiscaux s’installer dans l’UE : Irlande, UK. Irlande qui touché des fonds structurels en masse et qui a donc pu se moderniser, puis venir comme un vampire capter les impôts (plus faible) mais plus nombreux d’autres nations de l’UE.
politeeks Articles récents..Margaret Thatcher à la direction du trésor
4mois +tard, toujours d’actualité
Bravo pour ce billet.
Bembelly Articles récents..Emploi, croissance, retraites: Les nouvelles orientations de JM Ayrault…
Merci à toi.
Fraternellement.
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